Les premiers !
Les premiers !

Afin d’améliorer la défense incendie dans les villes et les campagnes, l’Etat de Vaud décide dans les années 1950 d’organiser des  » Centres de secours incendie  » CSI et alloue des subsides importants aux communes désignées pour desservir ces centres. Vu sa situation géographique particulière, Sainte-Croix est appelée à créer un tel centre, avec rayon d’action sur les Hauts du Nord-vaudois, jusqu’à la limite neuchâteloise et les communes de Villars-Burquin, Romairon, Vaugondry et Fontanezier. Les crédits sont votés et le matériel est commandé, notamment le camion tonne pompe  » Mercedes  » avec sa réserve d’eau de 1’800 litres.

 

 

Première inquiétude lors d’une visite de l’état-major chez les fournisseurs du véhicule : le camion n’est-il pas plus large que le hangar ? Coup de téléphone affolé à Sainte-Croix, centimètre déroulé et  » ouf « , le véhicule entrera mais juste. Et pendant des années les conducteurs

de ce véhicule devront prendre bien garde à mettre la roue avant-droite sur la grille devant  » chez Sami « , seul moyen de rentrer le véhicule sans raboter et sans boucher la rue pendant de longues minutes. A le voir aujourd’hui, chacun peut constater que la  » visette  » était bonne.

Le premier !
Le premier !

 

 

En septembre 1954 le véhicule avec son matériel est reçu pour la collaudation. Les 20 membres du PPS assurent depuis ce moment, chaque dimanche, une garde de deux hommes. Au début, les chauffeurs avec permis poids-lourd étaient très sollicités, car ils n’étaient que quatre à pouvoir circuler.Le premier gros feu se produit aux Envers, le 29 avril 1955. Grâce à la réserve d’eau et de mousse du camion, le bâtiment voisin de 4m.seulement est sauvé, et selon l’ECA, le camion est ainsi déjà payé, compte tenu de l’indemnité qui aurait dû être déboursée pour ce second bâtiment. Le mobilier et les effets personnels du bâtiment sinistré sont aussi sauvés, tout étant prêt pour le départ des locataires fixé au lendemain.En juin de la même année, feu à L’Auberson. L’habitation est sauvée et la collaboration avec la Compagnie de L’Auberson est très efficace.

 

 

Les hommes du CR en 1956
Les hommes du CR en 1956

 

 

Le 1er juin 1956, jour d’entrée en fonction du cap. Albert Müller, feu à Bullet : première grosse intervention du CSI. Face à un sérieux manque d’eau, la moto-pompe prouve son efficacité pour vider les citernes du village. La protection des bâtiments voisins est ainsi assurée.

 

 

A Cuilliairy d’en Haut, le 2 octobre 1960, la chaleur du sinistre est telle que le camion, situé à au moins trente mètres doit être repeint.

Le chalet des Dénériaz-Dessous est presque entièrement consumé quand les pompiers arrivent. Il reste à sauver la cave et à jouer aux cow-boys pour récupérer le bétail dans la nature.

Le 13 juillet 1963, collaboration avec le CSI de Couvet lors de l’incendie de la ferme de l’Etat, à Vuissens.

La toiture de la boucherie Junod donne quelques sueurs en mai 1964 mais tout est éteint rapidement avec peu de dégâts.

Le bâtiment Anselmo, à la rue des Rasses brûle le 6 mars 1965. La neige accumulée sur le toit ne facilite pas la tâche des pompiers mais les bâtiments contigus peuvent être protégés. Pour se remettre, au petit matin, un gros feu de cheminée se déclare au collège de L’Auberson.

Le 16 août de la même année, feu de ferme, à la Vraconnaz. Un cochon pose des problème aux sauveteurs côté Sud qui sont persuadés que la bête est encore à l’intérieur alors que ceux côté Nord le retiennent pour qu’il ne retourne pas dans les flammes.

En mars de l’année suivante, par une bise magistrale, feu de toiture chez Tharin, à la rue Centrale. Le toit est un toboggan verglacé et sur la route même le camion glisse gentiment. Les bâtiments voisins ne sont pas touchés.

Un coup de foudre anéantit le rural Aubort au Château le 3 août 1967. Le détassage du fourrage est une  » vraie partie de plaisir « .

Le 1er décembre, par -15° au moins, feu à la Chaux. Ce fut peut-être le sinistre le plus pénible de ces 25 ans. L’ouverture et la fermeture des lances s’effectue au chalumeau.

Passons au 15 novembre 1969 avec un feu au  » Crêt Papillon « , à L’Auberson, avec protection de la scierie voisine.

Petite plaisanterie en 1970 où un amateur décore sa grange selon la méthode du bois brûlé, mais le foin ne supporte pas ce traitement.

En juin 1971, petite fête pour la réception du  » Pronto  » qui remplace la vieille jeep  » Willys « . La roue tourne, (le Pronto aussi ?).

Gros feu à Cuilliairy le 31 juillet 1971 avec un effectif restreint en période de vacances.

La fête au Pronto
La fête au Pronto
L'équipe de 1971
L’équipe de 1971
Le Pronto
Le Pronto
Le 14 janvier 1972, soir de solde. La séance officielle est presque terminée quand l’alarme est déclenchée pour un feu au Crédit Foncier. Pour une fois la rentrée tardive était involontaire et plusieurs pompiers étaient noirs (de fumées).
Le 9 octobre, le rural de la Mission Braille à L’Auberson est en feu. Mais la propagation peut être arrêtée à temps.
La période des vacances n’est pas favorable et le 20 juillet 1973, feu au bâtiment Dall’Aglio, rue du Chasseron. Une intervention énergique préserve les autres bâtiments.
Le 13 décembre 1973, le CSI prend possession des nouveaux locaux. La porte d’entrée est plus large, mais la sortie se fait à la montée.

 

 

 

 

 

L'accident à couté la vie a huit personnes
L’accident à couté la vie a huit personnes
Tragique soirée le 20 janvier 1974 à la suite de l’accident sortie de route d’un autocar français au Remblai. Où il est enregistré huit décès. Le corps médical, les samaritains, la gendarmerie et bien entendu les sapeurs-pompiers-CR et plusieurs membres du bataillon- sont sollicités.

 

 

Le 4 février 1974, feu chez Favre, Vers-chez-Jaccard, assez rapidement maîtrisé.

Le 7 novembre 1976, la Mouille-Faison brûle et l’alarme tardive ne permet le sauvetage que de l’un des deux habitants.Quelques jours plus tard, l’alarme à la ferme Paillard, à Bullet. Quelques heures de travail pénible mais efficace.
En 1977, la Cruchaude est anéantie, le toit étant déjà percé par les flammes lors de l’alarme.
En 1977, à défaut d’autre sinistre, les pompiers s’associent en  » grandes pompes  » au centenaire de l’Union Instrumentale de Sainte-Croix.
En 1979, gros feu de l’Hôtel Beau-Site, aux Rasses. Collaboration avec le centre d’Yverdon et sont échelle automobile.

 

Ces sinistres importants marquent toujours les pompiers qui ont participé aux travaux de secours et d’extinction des étapes dans leurs années de service. Mais les souvenirs sont en général plutôt relatifs à des petites interventions, parfois amusantes :  » le moineau dans le candélabre ; les locataires debout sur leur table de cuisine lors d’une inondation ; la moto-pompe perdue, le feu de parapluies, etc. « . Il faudrait parler aussi du matériel. De la jeep utilisée pendant plusieurs années comme chasse-neige, puis martyrisée par des efforts trop violents tels que la montée au Cochet. L’achat des masques à air comprimé ; les tuyaux de 75 mm ; la tenue feu ; le matériel en prêt de la Protection civile et les liaisons-radio. L’histoire de ces 25 ans, c’est surtout  » les histoires  » que les participants racontent avec nostalgie, verve effervescente, tristesse, grands éclats de rire, modestie ou exagération. Mettez-vous à l’écoute des vétérans et vous en apprendrez beaucoup plus que par ces lignes. Sans compter quelques faits personnels que l’on n’ose pas trop écrire. Et l’histoire, en dehors des alarmes ??? On en éditerait des livres …

 

 

Cortège du 25ème
Cortège du 25ème
Le 16 août 1979, à la veille du 25ème anniversaire du Centre de renfort, feu au chalet de la Saussarde à 03h45 heures. Situé sur la commune de Grandevent, ce dernier a été difficile à localiser. En effet, un épais brouillard couvrait la région et l’alarme signalait un feu dans le secteur de Mauborget. A notre arrivée, le chalet est entièrement en feu. Personne à l’intérieur, pas de bétail. Trente lapins ont pu être sauvés dans une remise attenante.
Cette même année, le feu s’est également déclaré à la menuiserie Kohler de Bullet. Il a fallu évacuer plus de 250m2 de novopan à moitié consumé.

 

 

1979, 25 ème anniversaire du Centre de Renfort

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1980 : remplacement des appareils respiratoires Dräger par le modèle à circuit fermé TRAVOX 120.1984 : arrivée du nouveau tonne-pompe Mercedes Unimog, en remplacement du vénérable TP Mercedes de 1954.1987 : équipement des nouveaux appareils respiratoires IS 140 Interspiro.1993 : baptême du nouveau véhicule pionnier Mercedes 814.

1984, début d’année pénible. Feu important chez un collègue du PPS, la menuiserie Denis Mayland à la Sagne. Température -24°. La lutte contre le gel a rendu l’extinction laborieuse.

Le 16 février 1987, feu dans un dépôt de chaussures à la place du Pont. 2500 paires fortement endommagées par une épaisse fumée. La bonne connaissance des lieux de la part des intervenants a permis de maîtriser rapidement ce sinistre. Le port des appareils respiratoires s’est révélé, une fois de plus, indispensable.

Le 14 juillet 1987, alarme pour un important glissement de terrain entre la Grange- aux-Meules et Villars-Burquin-Vaugondry. 12 hommes en CR.

La même année, le 30 août, chaude journée de soupe aux pois. En plein après-midi, – en cours de digestion – l’alarme arrive aux Dénériaz-Dessous pour un feu de toiture à la rue des Anémones. Le PPS quasi au complet, délaisse femmes et enfants pour la sauvegarde d’un bien privé.

Feu d’appartement au Tyrol 3 le 10 novembre 1988. Importante mobilisation du PPS en raison de la configuration du quartier. Certains se rappelleront une mémorable descente d’escaliers suite à un retour de flammes.

Le 1er janvier 1990 ( !), c’est tout feu, tout flamme à 07h10. Feu à Villars-Burquin dû à une cheminée de salon récalcitrante.
Les 14 et 15 février de cette même année, des inondations mémorables ont fortement  » humidifié  » la région. Au total 21 interventions soit 477 heures d’engagement. La centrale d’alarme du corps a été occupée pendant 48 heures par 2 personnes. A cette occasion, la commune de Sainte-Croix s’est doté d’un nouvel atout touristique, à savoir un lac artificiel à la Combe-de-Ville ou, si vous préférez, au Remblai.
Toujours en 1990, surchauffe au café-restaurant des Rasses. Pénétration rapide dans la cuisine en feu au moyen des appareils respiratoires. Grosse chaleur pour Rose qui s’en revenait de commissions.

Alarme stressante ce 3 juillet 1991 : sauvetage de deux personnes asphyxiées par du vernis dans une citerne à eau située à la Limasse. Grosse frayeur pour la localisation et le guidage des sauveteurs. Heureusement, plus de peur que de mal.
Quelques semaines après, par grand beau temps en milieu d’après-midi, les deux hommes de piquet sont alarmés pour un gros dégagement de fumée aux Replans. Suite à une explosion la toiture d’un chalet et en feu. Alarme générale, tout le corps est mobilisé en pleine période de vacances. C’est à huit sapeurs et grâce à l’aide d’anciens pompiers présents sur les lieux que le sinistre a pu être maîtrisé.

Le 5 octobre 1992, tragique accident de voiture entre le home  » Ma Retraite  » et le Grand-Hôtel des Rasses. Cette intervention a nécessité une désincarcération ainsi qu’une recherche d’éventuels autres occupants. Deux personnes sont décédées.
En cette même année, feu à la rue du Jura. Incendie dans l’atelier  » Brazil « . Importante mobilisation du corps des pompiers dans un complexe d’activités artisanales.
1993 a été une année sabbatique, aucune intervention marquante.

Le  » Mammouth  » a eu chaud le 29 août 1994. Un incendie s’est déclaré sous le toit du bâtiment Versel à l’avenue de la Gare 15. Cette bâtisse servant entre autres à la remise de véhicules communaux. (mammouth = camion à ordures).
Le 6 novembre 1994, exercice franco-suisse aux Fourgs. Le PPS a participé à un entraînement de sauvetage de chiens de traîneaux aux Granges-Bérrard.
En 1995, un tragique feu d’appartement à la rue du Midi coûte la vie à une jeune personne.
Cette même année, le PPS doit intervenir à cinq reprises pour des feux de voitures.

En 1996, un rural de Fontanezier a prolongé la fête nationale en prenant feu en fin de journée. Vu l’importance du sinistre, plusieurs corps de sapeurs-pompiers sont engagés (Sainte-Croix, 21 sapeurs – Fontanezier, 6 – Vaugondry, 2 – Romairon, 5 et Villars-Burquin, 19) soit 53 hommes du feu. Bel exemple de solidarité intercommunale.
Le 1er septembre 1996, incendie du calet  » Claire de Lune  » à la Vraconnaz au chalet  » Clair de Lune « . Ce dernier sera entièrement détruit.
Le plan ORCA est déclanché en octobre 1996, rien de grave pourtant. Il s’agissait d’un exercice réunissant les pompiers, l’armée et les samaritains. Les intervenants ont dû évacuer une cinquantaine de blessés lors d’un accident de chemin de fer simulé près de la Sagne.

1997 : année tragique pour les habitants du hameau des Praises. Le 20 mars, un Mirage III RS de l’armée suisse s’écrase à proximité des habitations. Une secousse est ressentie jusqu’à Sainte-Croix. Le pilote est tué sur le coup. Par miracle, il n’y a pas d’autres victimes.
Le 11 août, le sort s’acharne sur la famille Junod qui voit brûler son rural, déjà fortement endommagé, par la chute de l’avion militaire et tout juste rénovée par l’armée.
Le 7 juin 1997, le PPS est engagé dans un exercice combiné avec la Rega.
En juillet, recherche d’une personne portée disparue dans le secteur des Rochat.

Novembre 1998, première utilisation du matériel de désincarcération sur la route cantonale Sainte-Croix-Buttes, en collaboration avec le centre de renfort d’Yverdon-les-Bains.
En 1999, l’ECA impose une réduction de l’effectif du corps des sapeurs-pompiers de Sainte-Croix de 120 à 63 unités.Le 10 septembre de cette année-là, le PPS organise un grand exercice avec l’ensemble du corps. Il s’agit d’un relais moto-pompe de l’avenue des Gittaz jusqu’au hameau de la Gittaz-dessous. Ce dernier n’est en effet par relié au réseau d’eau communal. 2100 mètres de tuyaux sont déployés.

L’année 1999 finit sur un gros  » coup  » de vent.  » Lothar  » nous fait une visite intempestive et destructrice. Le corps est fortement mis à contribution. 20 sapeurs sont engagés durant plusieurs jours.

1999 : remise par l’ECA du véhicule IVECO porte-modules

2000 : l’ECA nous livre une jeep Toyota Land-Cruiser pour le transport de personnes.2002 : octroi par l’ECA de l’échelle automobile de 25 mètres. Il s’agit d’un camion Mercedes équipé d’un parc échelle CAMIVA.2003 : arrivée d’un bus transport d’hommes, équipé d’un module de lutte contre les inondation.
Dès l’an 2000, le service de garde du week-end est assuré par 3 personnes dès le vendredi soir à 18h00 jusqu’au lundi matin à 06h00. Toutes les alarmes sont dorénavant gérées par la centrale de traitement des alarmes à Pully.
En 2001, la garde du week-end est assurée par quatre hommes, dont un des groupes de renfort.

L’année 2002 est caractérisée par une multitude d’interventions de routine.
La même année le 26 novembre 2002 a également vu l’anéantissement d’une maison mitoyenne au centre de Bullet. Un gros travail de protection a dû être effectué sur les habitations environnantes.
En juillet 2003, le feu se déclare à la frontière franco-suisse, à proximité de la Grand-Borne. Malgré les efforts du personnel engagé, la bâtisse est entièrement détruite.
Et c’est toujours en 2003 que commence la construction de la caserne du feu.

La liste des interventions énumérées ci-dessus n’est de loin pas exhaustive. Une multitude d’autres prestations sont assurées, telles que : feux de cheminées, de voitures, de broussaille, de courtines ( !), de palettes, sans parler des interventions au  » Remblai « .
Nos sapeurs sont également sollicités par des sauvetages d’animaux, lutte contre les guêpes, déblaiement de neige et aussi par des alarmes automatiques intempestives. D’autres activités annexes rythment la vie de nos soldats du feu, à savoir la formation de jeunes sapeurs, la participation au passeport vacances ainsi qu’au Téléthon. Mentionnons également les nombreuses formes de collaboration avec, entre autres, les ambulanciers, la colonne de secours, la gendarmerie, la protection civile et les samaritains………
Mais parlons aussi du renouvellement du matériel. En 25 ans, que de nouveautés afin d’être toujours à l’avant-garde:

2004 : un tonne-pompe Magirus de 2400 litres vient compléter notre parc de véhicules.